Théâtre Intranquille
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Rue des Jonquilles

de RENÉ BIZAC

février 2011
au centre Culturel Jacques Franck
février / avril 2011
Tournée (30 représentations), à Bruxelles (6 lieux) et en Wallonie (7 lieux)


Texte: René Bizac
Mise en scène: René Bizac
Dramaturgie: Jasmina Douieb
Comédien(ne)s: Suzy Falk, Christian Crahay,
John Dobrynine, Benoît Verhaert, Marwane El Boubsi

Création lumières: Gaëtan Van den Berg
Scénographie / costumes: Hélène Kufferath
Travail Chant: Graziella Boggiano
Musique / décor sonore: Johan Derycke
Travail mouvements: Caroline Cornélis
Régie: Nicolas Fauchet et Wenceslas Kaboré,David Coppe, Malika Gouider
Coordination: Joséphine Borsu
Ateliers / Animations: Graziella Boggiano, Maïa Abboueleze,
Marvin,Mariano et Agathe Detrieux

Presse: Cathy Simon
Affiche / graphisme: Violette Bernard

Une création du Théâtre Intranquille asbl,
en co-production avec le Centre Culturel Jacques Franck,
et en partenariat avec le Centre Culturel Régional du Centre-La Louvière,
le Centre Culturel Régional de Verviers,
la Maison de la Culture d'Arlon,
la Maison de la Culture Fammene-Ardenne, le Centre Culturel de Ciney,
le Centre Culturel d'Andenne,
le Centre Culturel de Colfontaine,
la Maison des Cultures de Molenbeek,
et Forest-Centre Culturel.

La Vieille, «française de souche», habite un petit pavillon de la Rue des Jonquilles. A côté de celui-ci, s'élèvent les «barres» de la Cité des Violettes, où vivent des familles «issues de l'immigration»… La Vieille va bientôt être expropriée, car la Ville a décidé de raser son pavillon afin de reconstruire une nouvelle Cité des Violettes, aux dimensions «plus humaines»… Elle fait alors appel à l'émission de télé-réalité «Avec vous»… «son dernier espoir, pour voir le bout du tunnel». Le public va voter pour ou contre son expropriation et envoyer ainsi un «message fort aux politiques»… Seulement, une nuit, à quelques jours du direct, des émeutes éclatent dans la Cité des Violettes. Prince, le meneur des «jeunes», s'introduit chez la Vieille...

Entre humour grinçant et poésie urbaine, «Rue des Jonquilles» s'interroge sur l'aveuglement qui, parfois, nous frappe.
«J'ai, à l'occasion d'un précédent spectacle, rencontré un bourgmestre, ou un échevin, je ne sais plus, d'une commune, disons, «privilégiée» de la capitale. Ce responsable politique m'affirma avec une conviction à peinte feinte qu'il n'y avait «aucun problème lié à l'immigration ou à la diversité culturelle sur son territoire communal». Cette affirmation m'a laissé quelque peu songeur... J'imaginais, au même moment, la ville vue d'en haut...Je ne voyais qu'un espace indistinct, traversé de fourmis acharnées. Où s'élevaient les barrières censées «protéger ou isoler» le territoire de l'élu communal? Pourtant, nous le savons, s'ils échappent au regard, ces murs existent bien. Dérisoires, ou invisibles, il n'en sont pas moins réels... C'est cette image qui irrigue la mise mise en scène de «Rue des Jonquilles». J'avais l'envie d'un espace unique, non naturaliste, que les personnages doivent se partager et dans lequel ils coexistent. L'unité spatiale pose, selon moi, la question de la «place» de chacun des protagonistes, et particulièrement celle de Prince et de la Vieille. Elle renvoie ainsi à la parole que j'ai recueillie auprès de jeunes «émeutiers». Je souhaite qu'elle révèle, à hauteur de fourmi, les failles des personnages, leur dignité, mais aussi leur part de responsabilité et leur aveuglement. Car c'est bien d'aveuglement dont il s'agit, et la configuration scénique le rend, peut-être, encore plus absurde, voire cruel... Les personnages se touchent presque, ils sont là, «au premier rang», à quelques centimètres les uns des autres, et ils ne «voient» pas ce qui est train de se passer...».
(René Bizac, metteur en scène)

Texte et publication:

«Rue des Jonquilles» est édité par Hayez Editeurs dans la «Collection Hayez & Lansman».


Extraits des critiques:

«... Le monsieur de la télé est là, pose ses questions, ses jalons, avec un air qui oscille entre le dégoût pour tous ces souvenirs incrustés et l'extrême fatigue de celui qui glane les souvenirs d'autrui pour produire quelque chose comme du divertissement. Un personnage en demi-teinte, finement bâti et interprété de même par Benoït Verhaert....L'inspecteur Christian Crahay, est impeccable, avec moustache et pardessus fatigué... Dans le rôle de l'entremetteur, du petit élu à la cravate improbable, John Dodrynine fait des merveilles....Mais le plus improbable et le plus humain des interlocuteurs de Madeleine / Suzy est sans nul doute Prince, auquel Marrwane El Boubsi confère une épaisseur digne et singulière... C'est le grand talent d'une Suzy Falk cocasse, surprenante et touchante, que la salle saluera debout, au terme d'une dernière scène épique, presque burlesque en ses remous, et subtilement désanchantée.»
(M. Baudet, La Libre Belgique)

«...Cette pièce n'est pas de circonstance, n'est pas une expéditive et efficace mise en valeur de Suzy Falk. Non! «Rue des jonquilles» est une approche nuancée de quelques-unes des réalités et des enjeux de notre société d'aujourd'hui....Aucune facilité dans le traitement de l'intrigue, aucun manichéisme réducteur réconfortant chez René Bizac, chaque personnage a sa complexité, chaque personnage a sa part de responsabilité dans ce qui va se conclure tragiquement... La mise en scène, dans la succession de ses rapides séquences, dans ses mises en lumière des personnages et des situations, dans ses mises en place significatives plutôt que réalistes, dans son art du silence et de la lenteur aussi, met en évidence cette implication chorale de chacun et imprègne peu à peu le spectateur. Un beau cadeau pour Suzy Falk...»
(S. Gilbart, Luxemburger Wort)

«C'est un très joli rôle, tonique et réconfortant à bien des égards que René Bizac offre à Suzy Falk, l'une des plus grande comédienne de sa génération....elle est plus que parfaite dans cette pièce....Tout cela aboutira à des retournements de situation inattendus comme le comportement final et peu banal de la (pas si) brave vieille dame...La scénographie d'Hélène Kufferath traduit bien l'intention de Bizac de montrer chaque petit univers coexistant simultanément et côte à côte dans un même espace... Si des murs réels peuvent séparer les gens, existent aussi les murs moins visibles érigés par les classes, les âges, les cultures...Il est bon qu'existe une pièce, ni verbeuse ni trop longue, n'appartenant à aucun genre précis ou tendance mode, dont le personnage principal n'est pas sombre, désaxé, criminel, et qui raconte, simplement, une histoire suceptible de se passer près de chez vous...»
(S. Vanina, Rue du Théâtre)