Théâtre Intranquille
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Peau de loup

de RENÉ BIZAC

septembre 2009
au centre Culturel Jacques Franck
septembre / novembre 2009
Tournée (40 représentations), à Bruxelles (10 lieux) et en Wallonie (10 lieux).
Représentations à la prison pour femmes de Berkendael, Namur, Mons et Lantin.



Texte: René Bizac et Caroline Safarian
Mise en scène: René Bizac
Regard extérieur: Caroline Safarian
Comédiennes: Véronique Dumont et Catherine Salée
Création / lumières: Gaëtan Van den Berg
Mouvements: Caroline Cornélis
Film (Dessins, images animées): Thierry van Hasselt
Création sonore: Ivan Giorgev
Scénographie: Sophie Carlier
Costumes: Hélène Kufferath
Coodination pédagogique: Graziella Boggiano
Presse: Cathy Simon
Régie: Antoine Dubray et Cédric Le Goulven
Affiche / graphisme: Violette Bernard
Coordinatrice: Maïa Aboueleze

Une création du Théâtre Intranquille asbl
en coproduction avec le Centre Culturel Jacques Franck.
En partennariat avec La Théâtre de Poche, L'Eden, La Fabrique de Théâtre,
l'Espace Senghor et le Centre Culturel de Forest.

Guilaine a soixante ans. Elle sort de prison et emménage dans son nouvel appartement. Il lui suffit de déballer ses caisses et la vie pourra recommencer. Alors elle convoque son passé. Elle invente son double, celle qu'elle a été.

Le présent et les souvenirs s'écoutent, se répondent, et s'affrontent. La visite «de routine» de l'agent de quartier, l'interview pour un emploi, les nuits sans sommeil, son corps dans la glace... Et , comme un écho du passé, sa grand-tante qui pue de la bouche, Sœur Fernande et sa louche, les jonquilles et les coups qui pleuvent, les yeux du loup qui déjà la guette… Peau de loup nous emmène. Sans que nous y prenions garde, nous pénétrons «au plus profond du plus profond des bois». Librement inspirée d'une histoire vraie, «Peau de loup» nous raconte la vie singulière d'une femme qui nous ressemble. Une femme, dévorée par l'amour et la peur, qui devient la complice du loup.
Une parole sans concession, qui emprunte à l'univers du conte sa cruauté, son humour et sa poésie.

«Nous avons rencontré la «vraie Guylaine» à la prison pour femmes de Forest/Berkendael (cette rencontre faisait suite aux ateliers théâtraux donnés par Caroline au sein de la prison). L'envie d'écrire une pièce au départ de sa vie m'est apparut rapidement, comme une évidence. Les raisons sont multiples. J'ai d'abord été touché par sa sincérité, cette dignité qui la conduisait à ne jamais s'affranchir d'une quelconque part de responsabilité dans «l'acte criminel». Guylaine se déclarait coupable, sans aucune ambiguïté. Elle n'a jamais cherché à forcer notre compréhension ou notre empathie. Ensuite, sa vie apparaissait comme un parcours de femme, à la fois singulier et universel. Il nous semblait qu'un décalage poétique et fictionnel pouvait être entamé. Ce décalage était même essentiel, pour éviter à la fois l'écueil du nombrilisme, et celui du voyeurisme et de la stigmatisation. «Peau de loup» n'est donc pas un témoignage/documentaire, ni du théâtre-réalité. C'est une œuvre de fiction, tant pour ce qui concerne les épisodes du présent que ceux du passé, et ce même si nous nous sommes inspirés de la vie de la «vraie» Guylaine. Pour affirmer cette dimension fictionnelle, nous avons choisi de nous référer, dans l'écriture, à l'univers du conte. D'abord pour conférer au récit une portée plus universelle. Ensuite, pour révéler la cruauté et la prégnance de l'enfance dans l'histoire de Guylaine.

Dans la mise en scène, j'ai souhaité que la dualité et le caractère fictionnel soient concrétisés par la confrontation entre un personnage «réel», et une «interprète». Guylaine (Catherine Salée) s'invente un double (Véronique Dumont) pour raconter son histoire, son passé, car, tout simplement, elle n'y parvient pas. Ce double/comédienne incarne la Guylaine «d'avant la sortie de prison», avec ce que cette incarnation induit de distance, mais aussi, inévitablement, d'implications. Elle nous donne son «interprétation» du personnage, Guylaine devenant, quant à elle, spectatrice de son passé, tout en partageant son présent. Mais cette séparation, cette répartition des «rôles» ne peut pas durer. Un glissement va, peu à peu, se produire… Si cette dualité interroge le langage des corps et les codes de jeu, elle s'inscrit aussi dans l'imagerie du conte. Le personnage pense à son double, et voilà, il apparaît… Pour ancrer «visuellement» le spectacle dans l'univers du «conte noir», j'ai eu le désir d'associer le dessinateur Thierry Van Hasselt à cette création. Ses images vibrantes, hallucinées, révèlent les fantasmes, les obsessions, les angoisses, les peurs de Guylaine. Elles investissent son «quotidien», représenté par une scénographie presque réaliste, mais tronquée. Elles annoncent la tragédie, et suivent le loup à la trace… Elles laissent deviner la «vision» de Guylaine. Une vision qui tente de dire la «vérité», tout en nous incitant à approcher l'indicible.»
(René Bizac, metteur en scène).

Texte et publication:

«Peau de loup» est édité par Hayez Editeurs dans la «Collection Hayez & Lansman».

L'écriture de "Peau de Loup" est née de la rencontre des auteurs avec Guilaine, alors détenue de la prison pour femmes de Forest (Berkendael). Cette rencontre faisait suite aux ateliers théâtraux donnés par Caroline Safarian au sein de la prison.
René Bizac et Caroline Safarian ont souhaité écrire une fiction théâtrale au départ de la vie de cette femme, avant tout profondément touchés par le récit de Guilaine, mais aussi parce qu'ils trouvaient son parcours édifiant et représentatif des violences que doivent parfois affronter les femmes dans le monde d'aujourd'hui. Par la fiction, et l'univers du conte, les deux auteurs ont réussi à apporter une distance, une dimension plus universelle, et à éviter les écueils du «voyeurisme», ou du «nombrilisme».
René Bizac et Caroline Safarian étaient animés d'un désir fort, partagé par Guilaine elle-même : que ce récit puisse être «utile», et porteur d'espoir. Ils ont tenté de maintenir cet équilibre délicat entre distance et empathie, entre expression poétique et souffle du réel.
Les auteurs ont souhaité que, par le récit, le personnage ne soit pas limité à «son acte». Il y a un avant et un après. La pièce prend le parti de l'après, en le mettant en perspective avec l'avant, et en terminant par l'acte lui-même. La prison n'existe qu'en «creux», comme un vide indicible, que le personnage n'aborde que par bribes. Il ne s'agissait pas d'évoquer la violence de l'enfermement, ou l'univers carcéral, mais bien les violences que Guilaine a subies, en tant que femme, et qui ont, d'une certaine manière, contribué à «l'enfermer» dans un schéma, et au final, à la mener en prison.
Une histoire singulière mais aux références plurielles, qui nous interpelle toutes et tous. Chacun de nous risque un jour de rencontrer son loup et peut-être de basculer…Qu'aurais-je fait à la place de Guilaine?

Extraits des critiques:

«De cette histoire particulière, les auteurs ont créé une parole, un ton touchant, sensible et fragile sous l'apparente force du personnage qui se dédouble car à soixante ans, Guylaine, tout juste sortie de prison ne parvient pas à se raconter. C'est donc un duo d'actrices, Catherine Salée et Véronique Dumont - co-lauréates des prix de la Critique 2008 dans la catégorie "Meilleure comédienne" - qui interprètent cette femme, la première au présent, la seconde dans le passé. Toutes deux captivantes, elles portent le texte et l'incarnent d'une manière impressionnante suscitant mille images par la seule force du jeu soutenu par la mise en scène sobre et efficace de René Bizac et la scénographie sans fards de Sophie Carlier. A la fois cruel et poétique…jouant sans cesse sur la dualité, rôle dédoublé, flou entre le bien et le mal, comédie et tragédie, humour et tristesse intense, "Peau de loup" fait frissonner. Intense et beau.
(C.Peretti, La Libre Belgique)

«Il y a de ces spectacles qui vous saisissent dès la première image, dès la première parole, qui vous tiennent en haleine, puis vous laissent, 1h20 plus tard, rempli d'émotions, de questions, d'empathie, conscient d'avoir partagé, là, un moment de grande intimité, de vérité, d'humanité. C'est l'effet "Peau de loup", poignant texte écrit à deux mains : celle de René Bizac et celle de Caroline Safarian, ici admirablement mariées. Tout en finesse et justesse, le même René Bizac met en scène deux excellentes comédiennes, Véronique Dumont et Catherine Salée, véritablement habitées par le propos qu'elles portent sur scène. …Sur le plateau, un large écran nous offre les dessins de Thierry van Hasselt, puissant et inquiétant reflet des angoisses de la petite fille et de la femme….Une démarche citoyenne et artistique remarquable qui s'inscrit si bien dans la soif d'humanité qu'a notre monde !»
(S.Colasse, Le Ligueur)

«…Un spectacle tout à fait réussi, qui réalise un bel équilibre entre témoignage et fiction grâce à l'écriture, et à la mise en scène de René Bizac qui échappe au réalisme. Grâce aussi bien sûr au jeu des comédiennes qui sont tout à fait magnifiques.
(D. Mussche, RTBF-Musique 3)

Ce qui touche surtout c'est l'implacabilité de son destin, placée sous le signe de la violence d'un bout à l'autre... Dans cette noirceur tranche la petite robe de Véronique Dumont, chaperon rouge insouciant. La comédienne joue avec une fraîcheur bouleversante, imperméable à la violence sur son chemin, même si sa carapace finira par s'effriter.
(C.Makereel, Le Soir)